(BFM Bourse) - Le groupe au losange a publié ses résultats du premier semestre, marqués par une baisse de sa marge opérationnelle et la confirmation de ses cibles pour l'année en cours.
Renault connaît une année bien ingrate en Bourse. Depuis le 1er janvier, l'action du constructeur automobile au losange abandonne 21%.
Comme ses rivaux, le groupe basé à Boulogne-Billancourt a pâti des craintes liées au conflit au Moyen-Orient, avec des répercussions négatives sur la confiance des ménages.
Surtout, Renault a été désigné par les investisseurs comme la victime idéale de l'intensification de la concurrence des constructeurs chinois en Europe, 70% de ses ventes étant dérivées du Vieux Continent.
Puisque leur marché domestique est saturé, ces groupes ont mis de grands moyens à l'export pour assurer leur croissance. Depuis le début de l'année, les constructeurs chinois grignotent effectivement des parts de marché à leurs concurrents européens.
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Une victime désignée de la concurrence chinoise
Ce statut de victime de la concurrence chinoise ne rend pas forcément honneur aux efforts du groupe selon Citi. "Renault affiche des résultats supérieurs aux attentes des investisseurs, malgré son exposition évidente aux risques liés au marché chinois", a fait plusieurs fois valoir la banque.
L'établissement américain jugeait la semaine dernière que le marché pêchait par excès de pessimisme, redoutant que Renault abaisse ses objectifs à l'occasion de la publication de ses résultats semestriels.
"Compte tenu des attentes très élevées concernant une nouvelle révision à la baisse des prévisions de Renault sur l'environnement de prix dans l'Union européenne, qui sont probablement déjà intégrées dans les cours, nous estimons qu'il y a de fortes chances que Renault réserve une bonne surprise avec ses résultats du premier semestre 2026, simplement grâce à une bonne exécution", tranchait la banque.
In fine, Renault a effectivement confirmé ses objectifs lors de la publication de ses résultats semestriels ce mercredi 29 juillet.
Sur l'ensemble des six premiers mois de l'année, le groupe a dégagé des revenus de 30,3 milliards d'euros, en hausse de 10,3% hors effets de changes sur un an.
Les revenus de la seule division automobile ont progressé de 10,2% hors effets de changes à 26,8 milliards d'euros.
Les revenus ont été portés par les ventes aux partenaires, elles-mêmes soutenues par la consolidation des opérations indiennes (où la société produit des modèles localement pour Nissan), la construction de Micra pour Nissan et la montée en puissance de la production de véhicules au Brésil pour le chinois Geely. Ces ventes ont alimenté la croissance à hauteur de 5,9 points de pourcentage.
Démarrage "explosif" pour la Twingo
Les nouveaux modèles ont également porté les revenus, avec une contribution de 3,2 points de pourcentage.
Le directeur général François Provost a évoqué, lors d'une conférence avec des journalistes, le "démarrage explosif" de la nouvelle Twingo, la nouvelle Clio qui marche "très fort" et constitue un "symbole de la force de notre solution hybride". Le dirigeant s'est également félicité des débuts des "solutions électriques" chez Dacia avec le Bigster et le Duster.
Les prix ont eu impact positif de 0,9 point et les volumes de ventes de 0,2 point.
Le résultat opérationnel a reculé à 1,57 milliard d'euros contre 1,65 milliard un an plus tôt. La marge correspondante s'est établie à 5,2% contre 6% un an plus tôt.
La marge de la seule division automobile s'est inscrite à 3% contre 4% au premier semestre.
La rentabilité a été pénalisée par l'impact de la montée en puissance des véhicules électriques et de la montée en puissance des pays émergents, qui alimentent la croissance mais ont un impact dilutif sur les marges. Mais aussi par des coûts réglementaires négatifs, a rappelé le directeur financier, Duncan Minto.
Au niveau du résultat net, Renault est repassé dans le vert, avec 705 millions d'euros de bénéfices contre une perte de 11,2 milliards d'euros, un an plus tôt.
Au premier semestre 2025, les comptes de Renault avaient été plombés par de lourdes pertes dues à la dépréciation de sa participation de 35,7% dans son partenaire japonais Nissan, de plus de 9,3 milliards d'euros.
Le flux de trésorerie de l'automobile s'est par ailleurs établi à 653 millions d'euros mais ce chiffre intègre des acomptes de partenaires à hauteur de 300 millions d'euros.
Selon un consensus fourni par la société, les analystes tablaient sur des revenus de 29,4 milliards d'euros, un résultat opérationnel de 1,47 milliard d'euros pour une marge de 5% et un flux de trésorerie de 220 millions d'euros.
Pour la seule division automobile, le consensus retenait un chiffre d'affaires de 26 milliards d'euros et une marge opérationnelle de 2,9%.
Renault a donc confirmé ses objectifs financiers pour 2026 à savoir une marge opérationnelle d'environ 5,5% et un flux de trésorerie d'environ 1 milliard d'euros.
"Compte tenu de toutes les préoccupations tout à fait légitimes concernant les importations chinoises agressives qui sapent les structures de prix en Europe (les marques chinoises ont atteint une part de 10,7 % du marché des voitures particulières en Europe occidentale au deuxième trimestre 2026), Renault a affiché des résultats très solides au premier semestre 2026, confirmant ainsi que le groupe dispose d’une marge de manœuvre bien plus importante pour son avenir que ce que beaucoup lui reconnaissaient et que ne le laissent supposer ses faibles multiples de valorisation", apprécie Bernstein à la lueur de ces résultats.
Interrogé sur de potentiels partenariats avec des groupes chinois en Europe, comme l'ont récemment fait Stellantis ou Ford, François Provost a déclaré que Renault était ouvert à de tels projets, précisant toutefois que le partenaire devrait utiliser les technologies du groupe.
Mais, à date, le groupe n'a pas de projet de ce type. Le directeur général a rappelé que, contrairement à Stellantis et Ford, Renault n'avait "pas de surcapacités en Europe", et avait donc moins d'incitations à nouer de tels partenariats.
